LE DOORMAN
Prix Littéraire Zonta Clubs de France · Sélection 2022
Le Doorman
Raymond, juif nord-africain d’Oran, s’exile aux États-Unis après l’indépendance algérienne et passe cinquante ans à veiller les entrées d’un immeuble new-yorkais — un demi-siècle d’observation silencieuse au seuil du monde.
Cinquante ans à regarder
la ville depuis son seuil
Raymond, dit Ray, est né juif et nord-africain à Oran, dans l’Algérie française. Après l’indépendance de 1962, il traverse l’Atlantique et s’installe aux États-Unis — ce pays de tous les possibles qui devient pour lui un horizon définitif plutôt qu’un tremplin.
Pendant cinquante ans, Ray occupe le même poste : doorman au pied d’un immeuble new-yorkais. Il ouvre les portes, salue les résidents, note les allées et venues, tient le monde à distance tout en l’observant avec une minutie de peintre. Madeleine Assas construit autour de ce personnage immobile un roman d’atmosphère et de contemplation — sans véritable intrigue, mais avec une langue d’une fluidité et d’une délicatesse rares.
Le Doorman est une méditation sur l’exil discret, celui qui n’est ni héroïque ni dramatique mais simplement là, installé dans la routine d’une vie entière passée à habiter un seuil. Madeleine Assas, actrice de formation, apporte à ce roman la précision du jeu : chaque geste de Ray est signifiant, chaque silence dit quelque chose du monde qui passe devant lui.
Ce qui a convaincu les jurées
Pour la figure de Ray, le doorman — personnage d’une discrétion absolue qui porte pourtant toute la richesse d’un siècle d’exil.
Pour une écriture contemplative et sensible qui transforme la répétition du quotidien en matière romanesque de premier plan.
Pour son traitement de la judéité nord-africaine — une identité à la croisée de plusieurs histoires coloniales, peu représentée en littérature.
Pour la virtuosité littéraire d’une actrice qui passe à l’écriture en portant avec elle le sens du corps, du geste et du regard.








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